Onkélos


Le neveu de Titus 

Onkélos est connu comme le traducteur de la Tora, en araméen, la langue vernaculaire à l'époque du second Temple. Le Talmud décrit sa démarche de conversion qui souligne son attachement profond au judaïsme


Talmud de Babylone traité Guittin page 56 b 
Onkelos, fils de Kalonikos, neveu de Titus par sa sœur, voulut se convertir. Par divination, il fit remonter Titus (du séjour des mondes) et lui demanda :
"Qui est important dans l'autre monde ?
– C'est Israël !
Faut-il se lier à eux ?
 – Leurs devoirs sont trop nombreux et tu ne pourrais pas les accomplir tous. Attaque-les dans ce monde et tu auras le pouvoir, car il est dit (Lamentations 1, 5) "Ses oppresseurs sont des chefs, ses ennemis sont en paix".
Quelle est ta punition (céleste) ?
– A ce que j'ai décidé pour moi, à savoir chaque jour, mes cendres sont rassemblées et je comparais en jugement et je suis condamné à être brûlé. Puis mes cendres sont jetées dans la mer.

La soixantième part


Le talmud dit  (Ber.57B)                      
"Cinq choses sont une soixantième part d'autre chose; ce sont le feu, le miel, le Shabbat, le sommeil et le rêve."

Le feu est la soixantième part de la Géhenne;
Le miel, un soixantième part de la manne;
Le Shabbat, un soixantième part du monde à venir;
Le sommeil, un soixantième part de la mort;
Le rêve, un soixantième part de la prophétie.''  

Et un commentateur contemporain ajoute:
"Le tsadiq est un soixantième du Mashia'h !"

L'idolâtrie de Manassé



Enseignement par le rêve
L'idolâtrie de Manassé 
Manassé fut un roi idolâtre dans le royaume d'Israël. 
Le Talmud présente ici une étrange justification de cette idolâtrie: à l'époque de Manassé, la tentation  idolâtre était si forte que même les maîtres du Talmud n'auraient pas pu résister.  


Talmud de Babylone traité Sanhédrin page 102 b 

Rav Achi parla [en mal] des trois rois [qui n'ont pas de part au monde à venir:
Jéroboam, Achab et Manassé].
Manassé lui apparut en rêve: tu  nous a nommés tes collègues et collègues de tes pères, mais dis-moi par quel bout on rompt le pain ?
– Je ne sais pas –
Tu ne sais pas par quel côté rompre le pain et tu nous appelles "collègues" ?
– Enseigne-moi et je l'enseignerai en ton nom demain dans ma leçon.
– On rompt par où la croute s'est formée!
– Si vous étiez (tous les 3) si savants, pourquoi avez-vous adoré les idoles ?
– Si tu avais vécu à notre époque tu aurais retroussé ta tunique pour courir derrière moi.

Le lendemain il (Rav Achi) dit aux rabbins : commençons par citer les grands (hommes)" 

Vegetarisme



Le concept juif de tsaâr baâlei ‘haïm, l’obligation de ne pas causer de souffrance aux animaux, est un des plus beaux éléments de la pensée juive. La tradition juive est remplie de compassion envers les animaux, et s’oppose fortement au fait d’infliger une douleur à une autre créature vivante. Voyons ce que dit le judaïsme au sujet de notre propre façon de traiter les animaux.
De nombreuses histoires de la tradition juive reflètent notre préoccupation des animaux. Voici une belle histoire tirée du Midrash :


Pendant que notre maître Moïse prenait soin du troupeau de Jéthro dans l’étendue sauvage, un agneau s’enfuit loin de lui. Il courut après lui jusqu’à ce qu’il atteint Hasuah. Alors qu’il atteignait Hasuah, il arriva à un point d’eau où l’agneau s’arrêta pour boire. Lorsque Moïse arriva à lui, il lui dit : « Je ne savais pas que tu courrais parce que tu avais soif. Tu dois être fatigué. » Il le plaça sur son épaule et commença à marcher. Le Saint Béni-soit-Il, le bénit et dit : « Tu es compatissant dans la conduite des troupeaux appartenant aux mortels ; Je fais le serment que tu seras de la même façon le berger de mon troupeau Israël. » (Exode Rabbah 2,2)

Le Judaïsme est clair en commandant l’attention envers les animaux. La Bible nous le dit explicitement : « L’homme juste prend soin de la vie de ses animaux. »  Dans le livre de l’Exode, D.ieu soutient que « Si tu vois l’âne de celui qui te hait succomber sous sa charge, et que tu hésites à le décharger, tu l'aideras à le décharger. »  Le Code de la Loi Juive établit qu’ « il est interdit, en accord avec les lois de la Torah, d’infliger une souffrance à quelque créature vivante que ce soit. En sens contraire, il est de notre devoir de soulager de la douleur chaque créature, même sans être propriétaire des biens d’un non-Juif. » Le Talmud explique que l’obligation de soulager un animal de la souffrance ou de lui éviter un danger prévaut sur les ordonnances rabbiniques relatives au Shabbat.

Les sept bénédictions



Joie et allégresse dans le mariage

Lors de la cérémonie des Nessouin, on récite sept bénédictions sous la Houppa (dais nuptial). Ces bénédictions sont des louanges à Dieu pour que l'homme et la femme se tiennent compagnie et s'aident réciproquement.
Elles rattachent également les espoirs fondés sur le jeune couple à l'espérance messianique du peuple juif et insistent sur la joie et l’allégresse qui dominent la cérémonie.


Les sept bénédictions

1- Béni sois-tu Hachem notre Dieu maître de l’univers qui crée le fruit de la vigne
2- Béni sois-tu Hachem notre Dieu maître de l’univers qui a créé toute chose pour sa gloire
3- Béni sois-tu Hachem notre Dieu maître de l’univers créateur de l’humain
4- Béni sois-tu Hachem notre Dieu maître de l’univers qui a formé l’humain à son image,selon l’image de la forme de Son modèle, et qui lui a conçu à partir de lui une construction pour l’éternité. Bénis sois-Tu Hachem qui forme l’humain.
5- Qu'elle se réjouisse et soit allègre la femme stérile (Sion) par le rassemblement de ses enfants en son sein dans l’allégresse. Béni sois-Tu Hachem qui réjouis Sion par ses enfants.
6- Réjouis les compagnons, ceux qui s’aiment, comme Tu as réjoui l’être que tu as formé dans le jardin d’Eden, jadis. Béni sois-Tu Hachem qui réjouis le marié et la mariée.
7- Béni sois-tu Hachem notre Dieu maître de l’univers qui a créé la joie et le bonheur, le marié et la mariée, l’allégresse , l’amour et la fraternité, la paix et l’amitié. Bientôt, Hachem notre Dieu, on entendra dans les villes de Judée et dans les cours de Jérusalem, la voix de la joie et la voix de l’allégresse, la voix du marié et la voix de la mariée, la voix de la jubilation des mariés de dessous leur Houppa et le chant des jeunes gens depuis le festin.
Béni sois-Tu Hachem qui réjouis le marié avec la mariée.

Voyelles



La tradition orale (dite massorétique) fixe les voyelles du texte biblique pour imposer sa façon de le lire. Mais la tradition de la Kabbale, reconnaît au contraire la légitimité d’une lecture qui change les voyelles des mots, pour faire venir des sens nouveaux du texte qui renouvellent l’approche de la révélation divine.

Ainsi, Rabbi Nahmanide (13ème siècle) écrivait :

«Les voyelles sont l’âme et la forme des lettres.Si le livre de la Torah n’a pas été ponctué originellement, c’est afin de pouvoir être interprété à tous les niveaux et sur tous les registres et sur tous les plans.
Une première interprétation d’un mot ou d’une lettre amène à découvrir une deuxième interprétation plus profonde ; cette deuxième interprétation plus profonde à une troisième interprétation encore plus profonde, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Mais si le livre de la Torah était ponctué, l’interprétation serait limitée et restreinte ; comme un objet matériel ne peut revêtir qu’une seule forme à la fois, on ne pourrait donner au mot qu’une seule signification».


Cette liberté de relire est encore plus accentuée par le fait qu’en hébreu, chaque lettre est aussi en elle-même
considérée comme un mot.

Jacob et Esaü



Naissance des jumeaux
Esaü et Jacob forment le premier couple de jumeaux clairement désigné par la Torah.
A propos de leur naissance, le verset use d'une "anomalie" d'écriture qui ouvre la voie pour Rachi à une interprétation.


Genèse chapitre 25
20-Isaac avait quarante ans lorsqu'il prit pour épouse Rébecca, fille de Béthuel, l'Araméen,du territoire d'Aram, soeur de Laban, l'Araméen.
21- Isaac implora l’Éternel au sujet de sa femme parce qu'elle était stérile; l'Éternel accueillit sa prière et Rébecca, sa femme, devint enceinte.
22- Comme les enfants s'entre poussaient dans son sein, elle dit "Si cela est ainsi, à quoi suis-je destinée ! " Et elle alla consulter le Seigneur.
23- Le Seigneur lui dit : "Deux nations sont dans ton sein et deux peuples sortiront de tes entrailles; un peuple sera plus puissant que l’autre et l’aîné obéira au plus jeune."
24 - L'époque de sa délivrance arrivée, il se trouva qu'elle portait des jumeaux.

Rachi (1040 – 1105)
Et voici ils étaient jumeaux: Le mot "jumeaux" en hébreu est élidé (sans le aleph), alors que pour les jumeaux de Tamar, le mot est entier (Gn 38, 27), car ces derniers furent deux justes, alors qu'ici l'un fut juste et l'autre méchant.


Deux jumeaux en conflit qui donneront naissance à deux cultures antagonistes : 
la morale contre le glaive

Ce jour là



Un jour d’éternité
Le monde à venir est appelé « ce jour-là », ce qui ne veut pas dire qu’il ne durera qu’un jour.
« Jour » en hébreu peut en effet désigner une période.
Par exemple notre temps historique est nommé « septième jour »

Sans la nommer, la Bible parle déjà de la relativité du temps.


Zacharie Chapitre 14

9 - L'Eternel sera roi sur toute la terre ; en ce jour, l'Eternel sera un et unique sera son nom.

Radak

En ce jour, l'Eternel sera un et unique sera son nom : les peuples sauront que Dieu est un, et qu’il n’existe aucune autre divinité. De même Son nom sera un, car on ne prononcera aucun autre nom de divinité dans le monde que Son nom, comme il est dit plus haut : « En ce jour,oracle de l’Éternel, Je briserai les noms des idoles de la terre, et on ne les mentionnera plus. »
Et le sage Rabbi Abraham ibn Ezra, de mémoire bénie, explique qu’il s’agit du nom ineffable de quatre lettres (tétragramme), et voici ce qu’il écrit : « Il s’agit du noble nom qui fut connu par Moïse, sur lui la paix, alors tout le monde L’invoquera selon ce nom écrit (dans la Torah). »

Le Chéma Israël



La profession de foi d'Israël
Parmi les textes fondateurs de la Tora se trouve le Chéma Israël tiré du Deutéronome.
Ici le croyant proclame l'unité absolue de Dieu ainsi que l'amour que le croyant doit lui porter; amour qui se traduit concrètement par les mitsvot.


Deutéronome chapitre 6

4- Ecoute, Israël : l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un !
5- Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir.
6- Ces devoirs que je t'impose aujourd'hui seront gravés dans ton coeur.
7- Tu les inculqueras à tes enfants et tu t'en entretiendras, soit dans ta maison, soit en voyage, en te couchant et en te levant.
8- Tu les attacheras, comme symbole, sur ton bras, et les porteras en fronteau entre tes yeux.
9- Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.

Rachi (1040 -1105)


L'Eternel, notre Dieu : L'Eternel qui est notre Dieu maintenant, et non celui des nations idolâtres, deviendra un jour "Eternel un", comme il est écrit : "Car je convertirai alors les peuples à une langue pure pour qu’ils invoquent tous le nom de l'Eternel" (Sophonie 3, 9),et :
"En ce jour-là l'Eternel sera un et Son nom sera un" (Zacharie 14, 9).

Le statut de l’embryon



Jusqu'à quarante jours, l'embryon est pratiquement considéré comme une substance sans forme. Selon l'expression talmudique, ce n'est que de l'eau


Traité de Babylone, Traité Nida, chapitre 3, page 30a
Une fausse couche avant quarante jours de grossesse n’est pas considérée comme la perte d’un foetus.

 Au-delà du microscope, la loi juive se décide en fonction d'un réseau de significations humaines et non en vertu de la seule approche du savant dans son laboratoire.
À quarante jours, l'embryon est considéré comme formé, disons que l'embryon devient un foetus et commence sa croissance véritable.
À trois mois, nouvelle étape: la présence du foetus devient perceptible de l'extérieur (nikar haoubar).
Cette période se poursuit jusqu'à l'accouchement où le Talmud introduit un nouvel intervalle, à savoir le laps de temps qui s'écoule entre le moment où le foetus se détache du corps de la mère et sa naissance.

A la fin des temps



Un monde sans respect
Le traité Sanhédrin consacre un chapitre entier à l'époque messianique et aux temps qui la précéderont.
Ici chaque maître rapporte ses traditions orales. Majoritairement, il voit les dernières générations corrompues au plan des moeurs qui ne respecteront plus les anciens.



Talmud de Babylone Sanhédrin page 97 a

Dans la génération où viendra le fils de David, les jeunes gens feront honte aux vieillards, les vieillards se lèveront devant les jeunes gens, une fille se lèvera contre sa mère, et une bru  

contre sa belle-mère. Le visage de la génération sera comme celui d'un chien ; et le fils   
n'aura pas honte de son père.


Rachi (1040 – 1105)

Comme le visage d'un chien: soit elle ressemblera vraiment au chien, selon Rabbi ; 
autre  
explication: ils n'auront pas honte l'un de l'autre (au plan de la pudeur).

Les quatre exils



Le midrach propose toujours une lecture au-delà du sens littéral. Son objet n'est pas de saisir le sens premier, mais d'introduire dans le texte les grandes idées de la tradition orale.
Ici le Midrach lit dans le second verset de la Tora l'allusion aux quatre empires auxquels Israël sera en confrontation.



Genèse Rabba (Ed. Vilna) chapitre 2


Rabbi Simon ben Lakich enseigne que la Tora commence par les exils (en allusion).
Et la terre était tohu, c'est l'exil de Babylone, comme il est dit (Jérémie 4) "J'ai vu la terre et voici elle était tohu" [annonce de l'invasion de Babylone].
Et bohu, c'est l'exil mède (Esther 6) : "ils perturbèrent en amenant Haman".
Et l'obscurité, c'est l'exil grec qui a obscurci les yeux d'Israël par ses décrets. Car les Grecs disaient: "Ecrivez sur une corne de boeuf (allusion à la faute du veau d'or) que vous n'avez pas de part au Dieu d'Israël".
Sur la surface de l'abîme, c'est l'empire scélérat qui n'a pas de fond. Comme l'abîme n'a pas de limite, ainsi
ces méchants n'auront pas de limite (dans leur méchanceté). 


Et le souffle de Dieu planait sur la face des eaux, c'est le souffle du roi messie, comme il est dit (Isaïe 11) "Se posera sur lui le souffle de l'Eternel". Par quel mérite, cette délivrance messianqiue viendra ? Puisqu'il est dit "planant sur la surface des eaux", c'est par le mérite de la téchouva (repentir), qui est comparée à l'eau, comme il est dit (Lamentation 2) "épanche ton âme comme l'eau".

Connaissance



La modestie d’un maître
La connaissance d’un berger
Le talmud est un instrument qui induit une attitude de constant perfectionnement.
La réplique de Rabbi Akiba en est l’illustration.


Yebamot 16/a
Jonathan ben Horkinas : Tu es bien cet Akiva dont le nom est illustre d’un bout du monde à l’autre ? Alors que tu n’es même pas arrivé (en connaissances) au niveau d’un berger de gros bétail.
 Ni même au niveau de celui du petit bétail, lui répondit R.Akiva

Lévinas : in « Au-delà du verset »pp 98-99 (Les Editions du Minuit)
« C’est précisément l’aspect concret et particulier de la Loi et les circonstances de son application qui commandent la dialectique talmudique : la loi orale est une casuistique.
 Elle s’occupe du passage du principe général incarné par la Loi à son exécution possible, à sa concrétude. Si ce passage était purement déductible, la Loi, comme loi particulière, n’aurait pas demandé une adhésion à part. Mais il se trouve - et c’est là la grande sagesse dont la conscience anime le Talmud - que les principes généraux et généreux peuvent s’invertir dans l’application. Toute pensée généreuse est menacée par son stalinisme. 
La grande force de la casuistique du Talmud, c’est d’être la discipline spéciale qui cherche dans le particulier le moment précis où le principe général court le danger de devenir son propre contraire.Cela nous préserve de l’idéologie. L’idéologie, c’est la générosité et la clarté du principe qui n’ont pas tenu compte de l’inversion qui guette ce principe généreux quand il est appliqué, ou pour rejoindre l’image de tout à l’heure :
 le Talmud est la lutte avec l’Ange. »

Moïse au cours de Rabbi Akiva



Une transmission dynamique
Un étonnant récit talmudique nous décrit la difficulté de Moïse à comprendre son propre enseignement dans la bouche de Rabbi Akiva.


Traité Menakhot, page 29b
Moïse monte au ciel pour recevoir les tables de la loi. Il trouve Dieu occupé à mettre des couronnes sur les lettres.
Moïse : « qui à côté de Toi retient ce que Tu as écrit ? » ( En d’autres termes : qui T’empêche d’achever Ton Texte avec les lettres conventionnelles, qui T’oblige d’y ajouter ces fioritures ?)

Et voici la réponse divine :
« Après bien des générations, viendra un homme, son nom sera Akiva ben Yossef. Il construira des montagnes de hala’hah (des lois de conduite, des lois en marche,évolutives) à partir de chacune de ces pointes (sur les lettres) »

Moïse, interloqué demande : « Montre-moi cet homme. Ainsi, je ne reçois pas une loiachevée. Celle-ci continuera à être construite dans le futur par un homme qui n’est ni prophète ni saint»

Dieu : « retourne-toi »
Moïse s’assied modestement derrière la dernière rangée des élèves pour écouter l’enseignement du Maître Akiva. Mais il n’y comprend rien, dépassé qu’il est par les sujets en discussion et par le style des développements. Cela le déprime. Mais, subitement, après que Rabbi Akiva ait énoncé une décision qui semble arbitraire aux élèves, ne s’appuyant sur aucun raisonnement conforme aux règles herméneutiques, ces derniers demandent :
« Rabbi, d’où te vient cette décision ? C’est une loi (hala’hah) reçue par Moïse à Sinaï »


Moïse est rassuré par cette référence à lui qui prouve que l’enseignement porte sur la Torah qu’il a reçue à Sinaï, bien qu’il n’ait aucun souvenir de cette loi.
« Tu as un tel homme et Tu me donnes la Torah à moi ? »
Réponse : « Tais- toi, c’est ainsi que cela est monté en pensée devant Moi »
« Montre-moi sa récompense ».
« Retourne-toi »
Regarde ce qui se passe de l’autre côté, dans le monde des hommes
Et Moïse voit que l’on débite la chair de R. Akiba dans les échoppes, après l’avoir torturé et assassiné pour avoir enseigné, malgré l’interdit promulgué par le pouvoir.
« Maître du monde, est-ce cela la Torah ? Est-ce cela son salaire ? »
« Tais-toi, c’est cela Mon dessein »

Yom Kippour



Le pardon de la victime
La purification de Yom Kippour

Tant qu’ils restent des différends avec son prochain le jour du Grand Pardon ne peut effectuer son action.
Les sages du talmud nous détaillent les nuances de cette corrélation.


Traité de Yoma page 85b
Michnah:
A celui qui se dit : « je pècherai puis je me repentirai ; je pècherai (encore, et de nouveau) je me repentirai », il ne lui sera pas donné de se repentir.
A celui qui dit : »je pècherai et le jour du Grand Pardon me lavera de mes péchés » le jour du Grand Pardon
n’apportera aucun pardon. Le jour du Grand Pardon absout l’homme pour les fautes qu’il a commises contre l’Omniprésent, mais pour les fautes qu’il a commises contre son prochain,il ne l’absout que s’il l’a préalablement apaisé.
 C’est ainsi que R.Eléazar ben Azaria a interprété : « Vous serez purifiés de tous vos péchés devant l Eternel » (Lév. 16, 30) : il s’agit, a-t-il dit, des péchés commis contre l’Omniprésent : quant aux péchés commis contre son prochain, le jour du Grand Pardon ne les efface pas tant qu’on n’a pas apaisé son prochain.

R.Akiva a dit : que vous êtes heureux, enfants d’Israël ! Devant qui vous purifiez-vous ? Et qui vous purifie ? Votre Père Céleste ! Car il est dit « je répandrai sur vous une eau pure et vous serez purifiés, je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles » (Ez. 36,25) et aussi : « Toi qui es l’espérance d’Israël, ô Eternel ! » (Jér. 17, 13). Comme le bain rituel purifie celui qui était impur, ainsi le Saint Béni soit-Il purifie Israël.

L’amour du prochain



Toute la Torah sur un pied

D’après Hillel la Torah toute entière peut se résumer au respect de l’autre.
« Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse » en est la première règle.


Talmud Babli, Shabat 31a
Autre récit : un païen va voir Chammaï et lui dit : « Convertis-moi, mais à condition de m’apprendre toute la Torah (pendant) le temps que je peux tenir sur un pied ».
Chammaï le chassa en le frappant avec la règle de maçon qu’il avait à la main.

L’homme est allé trouver Hillel qui le convertit :
 « Ne fais pas à ton prochain ce que tu n’aimerais pas qu’il te fasse, voilà toute la Torah, lui dit-il. Le reste n’est que commentaires.
Va et étudie-les. »

La loi du talion



Evaluation du préjudice

Longtemps mal interprété par une lecture chrétienne, la loi du Talion préconise une évaluation financière extrêmement scrupuleuse du préjudice subi par la victime.


Exode chapitre 21, versets 24
OEil à la place (en remplacement) de l’oeil, dent à la place de dent, main à la place de main,pied à la place de pied


Mishna Baba Kama, chapitre 8 mishna 1
« Cinq obligations incombent à celui qui blesse son prochain, il doit réparer : le dommage physique, la douleur, les soins médicaux, la cessation de travail, le préjudice moral (honte,humiliation)

• « Dommage : comment ? Il lui a crevé un oeil, coupé la main ou brisé une jambe, on le considère (le blessé) comme un esclave vendu sur le marché et on estime « combien il était bon » (il valait avant) et « combien il est bon » (vaut) maintenant.
• Douleur : il l’a brûlé avec une broche ou un clou, même si c’est sur ses ongles à un endroit où il n’y a pas de lésion, on évalue combien un homme semblable serait prêt à accepter pareille souffrance (sans avoir recours à une anesthésie)
• Soins médicaux : Il l’a frappé, il est obligé de lui assurer la guérison et d’accepter le médecin choisi par la victime
• Inactivité : on le considère comme s’il était gardien d’un champ de courges ou de concombres, car il lui a déjà donné la valeur de sa main ou de sa jambe.

• Préjudice Moral : tout selon l’offenseur et l’humilié. ( Il est en effet lié à la condition sociale de l’offenseur et à l’état psychosociologique de la victime) »


Traité Baba Kama, page 83b
« R. Dostaï, fils de Yehouda: « oeil à la place d’oeil » c’est de la compensation pécuniaire. Tu dis argent, n’est ce pas l’oeil lui-même ? Mais que dirais-tu si l’oeil de celui-ci était grand et l’oeil de celui-ci était petit, comment appliquerais-je le principe de « l’oeil à la place d’oeil » ?
Si tu me réponds : dans tel cas on lui prend de l’argent. La Thorah ne dit-elle pas « il y aura une seule loi pour vous tous (Lévitique XXIV, 22).


Traité Baba Kama, page 83b
« Dans l’école de R.Ychmaël on a enseigné (que ce principe de non- application de la loi du talion) vient du verset suivant : « Si un homme donne une blessure à son prochain, comme il a agi, ainsi lui sera-t-il donné » (Lévitique XXI, 20) et donner ne s’applique qu’à l’argent ».


« Bien qu’il ait payé, il n’est pardonné que s’il lui demande pardon et que la victime accède à sa demande »

L’époque messianique selon Maïmonide



Mishné Torah. Lois des Rois et des guerres. Chapitre 12 :


« On ne doit pas penser qu’à l’époque messianique, la nature du monde sera annulée ou qu’il apparaisse quelque nouvelle création dans l’oeuvre du Commencement, mais le monde suivra son cours. Quant à ce qu’a exprimé Isaïe : « Le loup séjournera avec le mouton, le léopard se couchera avec le chevreau. » (Isaïe XI, 6), il s’agit d’une parabole et d’une allégorie. En fait, Israël résidera en tranquillité au milieu des méchants de la terre, comparés au loup et au léopard : « Le loup des plaines fait des ravages, la panthère est aux aguets devant leurs villes. » (Jérémie V, 6). Et ils viendront tous à la religion de vérité, ils ne voleront plus et ne détruiront plus, mais ils mangeront les choses permises avec calme comme Israël, ainsi qu’il est dit : « Le lion, comme le bovin, mangera de la paille » (Isaïe XI, 7 ; LXV, 25).

Remarques :


Maïmonide considère que l’époque messianique ne sera nullement différente, au plan naturel, que celle que nous connaissons. Il n’y aura pas de nouvelle création, c’est-à-dire aucune nouvelle loi qui n’existât déjà dans l’univers. Le passage d’Isaïe que nous étudions,où il est fait mention d’une nouvelle création, doit s’entendre comme une protection accrue de Dieu (nuées, cabanes, etc.) vis-à-vis d’Israël, mais non comme une création ex nihilo.
En ce qui concerne les prophéties utilisant l’image des animaux, il faut les entendre au plan allégorique. Les bons, les justes sont comparés aux animaux doux et apprivoisés, alors que les prédateurs désignent les méchants.

Dans ce monde messianique, les méchants continuent d’agir, mais Israël vit en sécurité,sans doute, sur sa terre. Mais petit à petit l’humanité découvre la religion de vérité, qui est le monothéisme éthique (au nom de Dieu, fin du vol et fin de la destruction). L’un des signes de cette transformation de l’homme : un nouveau rapport à la nourriture.

Un Dieu ambigu



Grandeur et ruse du Ciel

L’hébreu présente souvent des mots ambigus, qui désignent une chose et son contraire. L’hébreu est une langue anti-dogmatique.
Par exemple néshek est une « arme » et néshika est un « baiser ».
Le midrash va prendre prétexte de l’ambiguïté du mot âlila pour tirer des conclusions étonnantes sur le rapport de Dieu à l’homme. Alila signifie en effet « grande oeuvre » et « ruse ».


Midrash Tanhouma (Ed. Varsovie) Paracha Vayéshev, chapitre 4

« Venez voir les oeuvres de Dieu ! Ses hauts faits (âlila) pour les humains sont redoutables »(Psaumes LXVI, 5). Et Joseph descendit en Egypte :
Rabbi Yéoshoua fils de Korha enseigne : même les actes redoutables que Tu amènes sur nous, Tu les amènes avec ruse. Viens voir lorsque le Saint, béni soit-Il, créa le monde, le deuxième jour, Il créa l’ange de la Mort. D’où savons-nous cela ? Rabbi Bérakhia répond : parce ce qu’il est dit « l’obscurité couvrait l’abîme » (Genèse I, 2). [L’obscurité] Il s’agit de la mort qui obscurcit le visage des créatures.Or l’homme ne fut créé que le sixième jour, et n’est qu’un prétexte contre lui de dire qu’il amena la mort dans le monde, comme il est dit : « Le jour où tu en mangeras (du fruit interdit) tu mourras » [en introduisant la mort].

Parabole, à quoi cela ressemble-t-il ? A un homme qui veut répudier son épouse. Avant d’aller chez lui, il ecrit l’acte de divorce (gueth) et cherche un prétexte pour lui donner. Il lui dit : « donne un verre que je doive », elle lui apporte et lui en profite pour donner le gueth. Elle dit : « Quelle est la faute ? » Il lui répond :
« Sors de ma maison car tu m’as donné une eau tiède ». Elle lui répond : « Depuis le début tu savais que je donnerai une eau tiède puisque tu as écris le gueth pour me le donner. » Ici aussi Adam déclara au Saint, béni soit-Il : « Maître du monde deux mille ans avant de créer le monde, la Torah était auprès de toi comme un maître d’oeuvre, comme il est dit (Proverbes VIII, 5) : « J'étais à ses côtés comme un maître d’oeuvre, je faisais jour après jour ses délices», il y a deux mille ans donc (avant la création), il était écrit (Nombres XIX, 14) : « un homme qui meurt dans la tente ». Est-ce que si la mort n’avait été prévue pour les créatures,Tu aurais écris cela ?

 Mais tu as cherché un prétexte (âlila) pour faire dépendre la mort de moi. Tel est le sens du verset : « Ces prétextes pour les humains sont redoutables. »

Dieu en accusation



Quand Elie et Moïse protestent

L’une des caractéristiques du Talmud est de réinterpréter les versets de la Bible pour en offrir une lecture complémentaire.
A travers ces relectures, une pensée juive se fait jour qui devient novatrice et pose des questions Fondamentales, comme ici la question de la liberté d’Israël face à Dieu.

Talmud de Babylone Traité Bérakhoth 32 a

Rabbi Eléazar enseigne : le prophète Elie a exprimé des accusations à l’encontre du Ciel,comme il est dit (I Rois XVIII) : « C’est Toi qui a retourné leur coeur en arrière ».

Rabbi Shmouel fils de Rabbi Isaac enseigne : d’où savons-nous que le Saint, béni soit-Il, soit-Il,s’est ravisé et qu’il a approuvé Elie ? Car il est dit (Michée IV) : « [En ce jour-ci Je rassemblerai la boiteuse et Je ramasserai l’exilée parce que] Je lui ai fait faire du mal ».

Rabbi Hama fils de Rabbi Hanina enseigne : si trois versets n’avaient été mentionnés, les pieds d’Israël s’écrouleraient devant les accusations des ennemis d’Israël. L’un dit (Michée IV) : « Je lui ai fait faire du mal ». L’un dit (Jérémie XVIII) : « Voici comme l’argile dans la main du potier vous êtes, vous, dans Ma main ô Maison d’Israël ». L’un dit (Ezéchiel XXXVI) :
« J’ôterai le coeur de pierre de votre chair, et Je vous donnerai un coeur de chair. »

Rav Papa enseigne : Nous l’apprenons de ce verset (Ezéchiel XXXVI) : « Et Je mettrai Mon esprit en vous et Je ferai en sorte que vous marchiez dans mes voies.

Rabbi Eléazar enseigne : Moïse a exprimé des accusations à l’encontre du Ciel, comme il est dit (Nombres XI) : « Moïse pria vers (el) l’Eternel », ne lis pas « vers l’Éternel », mais lis « contre l’Éternel ». Car Rabbi Eléazar fils de Jacob utilisait (le procédé qui consistait à remplacer) l’aleph pour le aïn, et le aïn pour l’aleph. Rabbi Yanaï l’apprend (que Moïse a accusé le Ciel) d’ici (Deutéronome I) : « Ils arrivèrent à Di Zahav ». Qu’est-ce que Di Zahav ?

Rabbi Yanaï enseigne : ainsi Moïse dit-il au Saint, béni soit-Il : « Maître du monde, à cause de l’or et de l’argent dont Tu as gratifié Israël au point qu’ils ont dit « ça suffit » (daï), ils ont fait le veau d’or (zahav) […]. Rabbi Yohanan : cela ressemble à un homme qui avait un fils, il le lave bien, il le parfume bien, il le fait bien manger, il le fait boire, il suspend à son cou une bourse d’argent avant de la placer à l’entrée d’une maison de prostitution, que pouvait faire le fils ? […].

Rabbi Shmouel fils de Nahmani dit au nom de Rabbi Yohanan : d’où savonsnous que le Saint, béni soit-Il, reconnut que Moïse avait raison, car il est dit : « J’ai multiplié l’argent et l’or pour eux, et ils ont fait un Baal (une idole). »

Les deux Luminaires



Genèse chapitre 1
15 : Dieu fit les deux grands luminaires, le grand luminaire pour dominer le jour et le petit luminaire pour dominer la nuit, et les étoiles.

Les deux séquences du verset sont lues par le midrash comme indiquant que lors de la Création du monde, le soleil et la lune furent initialement créés de taille égale et qu’ensuite, celle de la lune fut mystérieusement réduite. Il s’agit alors d’en expliquer les circonstances.

Traité Houlin chapitre 3
Rabbi Chimôn ben Pazi (maître du Talmud, IIIe siècle) a relevé une contradiction entre deux segments de versets : Au départ, le verset porte: «Dieu fit les deux grands luminaires… »(Genèse 1,16), mais ensuite : « Le grand luminaire... et le petit luminaire… » (ibid.).
En réalité,ce glissement reflète ce qui s’est produit :
La lune avait fait observer au Saint béni soit-Il :
- Souverain du monde, est-il concevable que deux rois portent la même couronne ?
- Il lui a répondu : Non, effectivement. Fais-toi donc plus petite !
- Mais, Souverain du monde, reprit la lune, ne T’ai-je pas fait là une remarque sensée ?
- Pourquoi alors est-ce moi qui dois être réduite ?
- Soit, reconnut Dieu, mais consens-y, et tu régneras jour et nuit.
- Mais quel en serait l’intérêt, demanda la lune, à quoi peut bien servir une petite lampe en plein jour ?
- Soit, répondit Dieu, mais obéis et, grâce à toi, Israël pourra supputer le compte des jours et des années.
- Voyons, rétorqua la lune, le concours du soleil n’est-il pas tout autant nécessaire pour déterminer le cycle des saisons puisqu'il est dit (pareillement des deux astres): « Ils serviront de signe pour marquer les époques, les jours, les années » (ibid. v. 14) ?
- Soit, reprit Dieu, mais obéis et le nom des justes évoquera le tien : Jacob sera dénommé (comme toi) le « petit » (Amos 7,2), ainsi que Samuel et David (Samuel 17,4).
Comme Il constatait que la lune n'était toujours pas rassérénée, le Saint béni soit-Il ordonna :
- Présentez un sacrifice expiatoire de Ma part parce que J'ai réduit la dimension de la lune !

Voilà pourquoi R. Chimôn ben Lakich a dit : En quoi le sacrifice du bouc au moment de la nouvelle lune est-il si particulier pour que soit spécifiée à son sujet l’expression : «pour l'Éternel » (Nombres 28,15) ? En ce que le Saint, béni soit-Il, a annoncé : Ce bouc-là servira à Me faire pardonner d'avoir réduit la dimension de la lune.

Lourd de bouche



Un célèbre midrash raconte qu'un jour Moïse jouant sur les genoux du  Pharaon, lui  dérobe sa couronne. 
Les mages égyptiens, imaginant un bien mauvais présage, insistèrent pour que l'on se débarrasse de l'enfant, qui menacerait un jour la royauté. 
Jéthro, prêtre de Madian, modérant l'assemblée, suggèra alors une mise à l'épreuve pour déterminer si Moise avait commis une erreur de jugement. 
Il fit porter deux plateaux : l'un de braises rougeoyantes et l'autre de rubis, si l'enfant faisait preuve de finesse d'esprit en choisissant les rubis alors il était dangereux et donc prudent de le tuer, dans le cas contraire, sa vie serait épargnée. Moïse, avisé malgré son jeune âge, choisit les rubis mais l’ange Gabriel, messager de Dieu, s'empressa de protéger le jeune garçon...en échangeant le rubis contre une braise que l'enfant engloutit. 
Moïse eût donc la vie sauve mais en bégaya toute sa vie. 



Parmi les arguments invoqués par Moïse pour se soustraire à la mission que veut lui conférer Hachem , il a prétendu être « lourd de bouche et lourd de langue » (Chemoth 4, 10).

Cet argument a été compris de diverses manières par nos commentateurs.

Selon Rachi , cela veut dire qu’il parlait avec lourdeur ; en français : « balbutier ».

Pour Rachbam , Moïse a invoqué sa longue absence d’Egypte, dont il aurait oublié le langage.

Moïse était incapable, explique Ibn Ezra , de prononcer certaines combinaisons de lettres.

Quant à Rabbeinou Be‘hayé , il justifie, au nom de Rabbeinou ‘Hananèl , la dualité de l’expression « lourd de bouche » et « lourd de langue » :
La lourdeur de la bouche de Moïse signifie qu’il était incapable de prononcer les lettres dentales זשרס"ץ, et sa lourdeur de langue traduit son incapacité de prononcer les lettres linguales דטלנ"ת.

Eretz Israel



Talmud Babli Ketubbot, 110

. Un homme doit toujours résider dans le pays d'Israel, même dans une ville habitée en majorité par des Gentils (non Juifs), et il ne doit pas résider hors du pays d'Israel, même dans une ville habitée en majorité par des juifs, car quiconque réside dans le pays d'Israel ressemble à quelqu'un qui a un Dieu et quiconque réside hors du pays d'Israel ressemble à quelqu'un qui n'a pas de D-ieu; c'est ainsi que David a dit "car ils m'ont chasse aujourd'hui, m'empêchant être agrége a l'héritage du Seigneur", en disant: "Va servir des dieux étrangers" (1 Samuel, 26-19) , ce verset t'enseigne que quiconque réside hors du pays d'Israel est comme celui qui rend un culte aux idoles.

Talmud Babli Baba Batra, 158 b.

· L'air du pays d'Israel rend sage.

Talmud Babli Ketubbot 111 a.

· Quiconque parcourt quatre coudées (2 mètres) dans le pays d'Israel est assure d'avoir une part dans le monde futur.

Va-yytser



Midrach Rabba

Et L'Eternel D-ieu forma "Va-yytser" l'homme, poussière tirée de la terre (Gen. 2:7)
(le mot forma "Va-yytser" est écrit inhabituellement avec deux "Youd").

-deux penchants  "yetser" penchant au bien penchant au mal.
-deux formations "yetser" une formation a partir de l'en bas,
                                           une autre a partir de l'en haut.
-deux formations "yetser" une formation en ce monde-ci et une formation dans le monde a venir.

Le corps et l'ame



Dans l'un des entretiens qu'eut le Rabbi Yeouda avec son ami Antoninus, il fut question de la responsabilite respective du corps et de l'ame, dans la vie de l'etre humain.

"Antonius dit a Rabbi Yeouda: L'un et l'autre, le corps et l'ame, pourront se faire acquitter lors du jugement (dans le Holam Haba).
-Comment cela ?
-Le corps pourra declarer ceci: C'est l'ame qui pechait, car, a partir du jour ou elle m'a quitte, je suis reste comme une pierre en silence dans la tombe.
Et l'ame pourra dire: C'est le corps qui pechait, car, a partir du jour ou je l'ai quitte, j'ai vole a travers l'espace comme un oiseau."

Rabbi Yeouda repondit: Je vais illustrer ce sujet au moyen d'une parabole.
Un roi humain possedait un magnifique verger, ou se trouvaient des fruits de premier choix.
Il preposa a sa garde deux employes; l'un etait boiteux, l'autre aveugle.
Le boiteux dit a l'aveugle: "Je vois dans le verger quelques fruits de premiers choix; laisse-moi monter sur ton dos et nous nous en procurerons pour les manger."
Le boiteux monta donc sur le dos de l'aveugle; ils prirent les fruits et les mangerent.
Au bout d'un certain temps, le proprietaire du verger y vint et demanda: "Que sont devenus les fruits de premier choix ?"
Le boiteux lui dit: "Ai-je des jambes capables de courir apres ?"
Et l'aveugle dit: "Ai-je des yeux pour les voir ?"
Que fit le roi ? Il ordonna au boiteux de monter sur le dos de l'aveugle et les jugea comme s'il n'etaient a eux deux qu'un seul homme.

De meme dans le "Holam Haba" le Saint Unique (Beni Soit-Il) prendra l'ame, l'enfermera dans le corps et les jugera ensemble."

Talmud Babli, Ordre Nezikin, Masekhet Sanhedrine, Page:91a,b

Merkava



L'etude du Char Celeste

Nos Rabbis ont raconte: Un enfant etait en train de lire a l'ecole le livre d'Ezechiel. Il essayait de comprendre le mot "Hachmal" (Ez.1:5) Mot de signification douteuse qu'on traduit par Airain poli, ou Ambre, ou Galene. (Ce mot en hebreu moderne est utilise pour definir l'electricite.) quand soudain surgit de celui-ci un feu qui le brula. Les sages songerent a renoncer au livre d'Ezechiel, mais Rabbi Josue ben Gamliel leur dit:
-Si cet (enfant) etait un sage, est-ce le cas de tous?

Talmud Babli, Ordre Moed, Masekhet Haguiga, Page:13a

Nos Rabbis ont enseigne: Un jour Rabbi Yohanan ben Zakai cheminait a dos d'ane. Comme il sortait de Jerusalem, suivi de Rabbi Eleazar ben Arakh, son disciple, celui-ci lui demanda:
-Maitre, enseigne-moi un chapitre du Char Celeste.
-Est-ce que je ne t'ai pas appris, mon fils, qu'on n'enseigne pas le Char Celeste a une personne, a moins que ce ne soit un sage capable de comprendre par lui-meme.
-Permets-moi alors, maitre de t'exposer certaines choses que je tiens de ce que tu m'as enseigne.
-D'accord, dit Rabbi Yohanan, qui aussitot descendit de son ane, se couvrit de son vetement et s'assit sur une pierre, sous un olivier.
-Pourquoi es-tu descendu de ton ane? lui demanda Rabbi Eleazar.
-Est-ce que tu trouves decent que je reste a califourchon sur mon ane tandis que tu commentes le recit du Char Celeste, quand la Chekhina est avec nous et que les anges officiants nous accompagnent?
-Puis Rabbi Eleazar ben Arakh commenca le recit du Char Celeste. Alors un feu surgit du ciel. Tous les arbres des environs, entoures par les flammes, entonnerent un chant de louange. Lequel?: "Louez l'Eternel du bas de la terre, monstres marins, et vous tous, abimes, (...), arbres fruitiers et tous les cedres, (...). Louez l'Etenel." (Ps.148:7)
Et un ange, du milieu du feu, disait en reponse (aux explications de Rabbi Eleazar):
- C'est bien le recit veridique du Char Celeste!
Alors Rabbi Yohanan ben Zakai se leva, baisa son disciple au front et dit:
-Beni soit l'Eternel, le D-ieu d'Israel, qui a donne a Abraham notre pere un descendant comme Eleazar ben Arakh, capable de comprendre, d'analyser et d'expliquer le Char Celeste. Il est des gens qui interpretent bien, mais qui accomplissent mal (la parole de la Thora); il en est d'autres qui accomplissent bien, mais ne savent pas l'interpreter.
Mais toi, Eleazar ben Arakh, tu interpretes (la parole de la Thora) aussi bien que tu l'accomplis. Que tu es heureux, Abraham notre pere, d'avoir un descendant tel qu'Eleazar ben Arakh!

Le Temple



Le voyant et l'aveugle

Tout comme l'olivier fournit une huile d'eclairage, le Temple etait un centre de rayonnement spirituel pour le monde entier, comme l'avait prophetise Isaie (Is.60:3) "Et les peuples marcheront a ta lumiere. C'est le nom d'Olivier verdoyant qui fut donne aussi a nos ancetres. Car, ils eclairent l'Univers (par la diffusion de la Thora.) C'est la raison pour laquelle le Saint, beni soit-il, dit a Moise: "Qu'ils te choisissent une huile d'olive pure."

Ce n'est pas que j'aie besoin d'eux pour (l'eclairage, dit l'Eternel), mais eclairez pour Moi comme j'ai eclaire pour vous (lors de la sortie d'Egypte, avec Mes colonnes de feu et de nuees). Pourquoi ? Eh bien ! Pour vous mettre en valeur aux yeux de toutes les nations qui diront: "Israel eclaire devant Celui qui eclaire le Monde !"

C'est comme l'histoire du voyant et de l'aveugle qui se promenaient.
Le premier dit au second: "Viens, et je vais te guider." L'aveugle (consentit a marcher). Une fois entre dans la maison, le clairvoyant dit a l'aveugle: "Va, allume-moi la lampe pour eclairer mes pas, de maniere que tu ne continues pas a etre mon oblige du fait que je t'ai accompagne. C'est (l'unique) motif pour lequel je t'ai demande de m'eclairer."

Le clairevoyant, c'est le Saint, beni soit-il, comme il est dit (Chron.II 16:9): "C'est que l'Eternel promene Ses regards sur toute la terre."
L'aveugle, c'est Israel, comme il est dit (Is.59:10): "Nous errons comme des aveugles le long du mur, et comme des gens prives de leurs yeux nous marchons a tatons; nous trebuchons en plein midi comme au crepuscule, dans les tenebres". Neanmoins, le Saint, beni soit-Il, leur fournissait la lumiere et les conduisait, comme il est dit (Ex.13:21): "L'Eternel les guidait le jour."

Ainsi au moment ou ils allaient construire le Tabernacle, (D-ieu) appela Moise et lui dit: "Qu'ils te choisissent une huile pure d'olives pilees."
Israel dit alors (Ps.18:29): "Comment ! c'est Toi qui fait briller ma lumiere et Tu nous ordonnes cependant d'eclairer pour Toi ?" D-ieu leur repondit: "C'est uniquement afin de mettre votre merite en relief (et de montrer) que vous eclairez pour Moi, a votre tour, comme j'ai eclaire pour vous." D'ou la citation de (Jeremie, appliquee a Israel): Olivier verdoyant. (remarquable par la beaute de son fruit).

Yitro



Les lettres du Tetragrames honorent les proselytes.

Yitro entendit. Il fut appele par sept noms: Yiter, du temps ou il avait ete idolatre, comme il est dit: Et (Moise) retourna aupres de son beau pere Yiter. (Ex.4:18).
Mais, une fois ce dernier converti, il se vit ajouter a son nom la lettre "Vav" , comme on avait agi a l'egard d'Abram (dont le nom fut transforme par la lettre "He", en celui d'Abraham). Yiter devint alors Yitro.

Midrach: Mais une fois converti, il se vit ajouter a son nom la lettre "Vav".
Nos exegetes signalent que, chaque fois qu'une lettre vient a etre ajoute au nom d'un personnage, c'est une des trois lettres composant le Tetragrame: ("Youd" "Ha" "Vav"). C'est le cas de Josue, de David (qui est parfois orthographie avec un "Youd") et de Pinkhas, pour ce qui concerne l'adjonction du "Youd"; de Sarah, d'Abraham, de Joseph, concernant le "He"; et de Yitro, concernant le "Vav". Ces lettres sont, pour les personnages mentionnes, le symbole de la consecration d'un degre supplementaire de saintete.

Par ailleurs, il est a remarquer que les deux proselytes dont la Thora evoque la conversion, a savoir Yitro et Ruth, voient figurer concurremment dans leurs noms les memes trois lettres, "Rech" , "Vav" , "Tav" dont la valeur numerique equivaut a 606.
C'est le nombre des "Mitsvot" (Commandements) qu'un proselyte accepte par sa convertion en plus des 7 lois dites Noahides dont l'observance est obligatoire pour tous les descendants de Noe, soit au total (606 + 7 = 613)

La Manne



"L'Eternel dit a Moise: Je vais faire pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux" (ex.16:4) Tel est le sens du verset: "Tu ouvres la main et Tu rassasies avec bienveillance (Ratson) tout etre vivant." Viens et vois, combien les voies du Saint, beni soit-Il, sont differentes de celles des mortels.
Lorsqu'un homme tient une eponge imbibee d'eau dans sa main et que celle-ci est ouverte, pas une goutte n'en tombe; mais en la fermant, il en fait tomber de l'eau.

En revanche, en ce qui concerne Le Saint, beni soit-Il, c'est le contraire. Certes, Il tient l'eponge dans Sa main, car il est dit: "Le fleuve de D-ieu contient de l'eau en abondance"; (Ps. 65:10); et aussi "qui a mesure les eaux dans le creux de Sa main?" (Is. 40:12) S'il la tient fermee (litteralement: retient), aucune pluie ne tombe, car il est dit: "Il arrete les eaux et elles tarissent" (Job. 12:15) et aussi: "Il retiendra le ciel, et la pluie ne se repandra pas." (Deut. 11:17) Tandis que s'Il ouvre la main, la pluie tombe.

Comme il est dit: "L'Eternel ouvrira pour toi Son bienfaisant tresor du ciel pour dispenser au sol des pluies opportunes". (Deut. 28:12) C'est dans ce sens que le verset proclame: "Tu ouvres Ta main et Tu rassasies tout etre vivant a volonte (Ratson)." Il n'est pas dit "tout etre vivant avec de la nourriture", mais "tout etre vivant a volonte." C'est qu'Il comble chacun suivant ses desirs.

De meme aux temps messianiques, le Saint, beni soit-Il, satisfera tout etre selon son desir. Et si cela te surprend, regarde ce qu'Il a fait a Israel dans ce monde-ci lorsqu'Il lui fit descendre la manne, qui contenait toutes sortes de saveurs, si bien que chacun des Israelites put apprecier le gout de tout ce qu'il avait particulierement aime. Ainsi qu'il est ecrit: "Voici quarante ans que l'Eternel, ton D-ieu, est avec toi: tu n'as manque (davar) de rien." (Deut. 2:7)

Comment comprendre l'expression: "Tu n'as manque de rien (davar)"? Celui qui desirait manger une quelconque (davar) specialite, n'avait qu'a dire (par exemple): "Ah, si seulement je pouvais avoir une volaille engraissee pour mon repas!" Aussitot, le gout (de la manne) se transformait dans sa bouche en celui d'un chapon gras. Ils n'avaient qu'a prononcer une parole (davar), et le Saint, beni soit-Il, realisait leur volonte.

R Abba dit: Il n'etait pas necessaire de prononcer une parole. Il suffisait a l'homme de penser a ce qu'il desirait, et le Saint, beni soit-Il, realisait son voeu: Il lui permettait de savourer le gout de ce dont il avait envie. La preuve qu'il en etait reellement ainsi, comme l'a dit le prophete Ezechiel: "Le pain que je t'ai donne, (c'etait comme si je t'avais) nourri de fine fleur de farine, d'huile et de miel". (Es. 16:19)

Or, un verset dit: "Voici que, du ciel, je vous ferai tomber du pain", et un autre verset affirme: "La manne avait la saveur d'un beignet au miel" (Ex.16:31), tandis qu'ailleurs, il est declare: "Elle avait le gout d'une patisserie a l'huile". (Nom. 11:8) Comment concilier ces trois affirmations differentes?
- Les jeunes gens trouvaient a la manne le gout du pain, les personnes agees le gout du miel, et les bebes le gout de l'huile.

La fournaise ardente



"Haran mourut devant son pere Terah" (Gen.11:28) Rabbi Hiya, petit fils de Rabbi Ada de Jaffa, dit: Terah etait un fabricant d'idoles. Un jour qu'il devait aller quelque part, il laissa Abraham vendre a sa place. Quand venait un homme qui voulait acheter une idole, Abraham lui demandait: quelle age as-tu? L'autre repondait cinquante ans, soixante ans. Et Abraham s'exclamait: Quel malheur pour cet homme! le voici qui a soixante ans veut adorer ce qui n'a qu'un jour (l'idole)! Saisi de honte l'acheteur s'en allait.
Une femme, tenant un plat de farine, vint a lui et lui dit: Prends et offre-le leur. Il se leva, prit un baton, fracassa toutes les idoles et mit le baton dans les mains de la plus grande.
De retour son pere s'ecria: Qui a fait cela?
-Comment te le cacherais-je, repondit Abraham! Une femme, tenant un plat de farine, est venue et m'a dit: Prends et offre-le leur. Et c'est ce que j'ai fait. Mais une idole s'est ecriee: C'est moi qui mangerai la premiere. Une autre s'est ecriee: Non, c'est moi! La plus grande s'est alors saisie d'un baton et les a toutes fracassees.
-Que me racontes-tu, s'exlama Terah, elles ne comprennent rien!
-Pere, repliqua Abraham, tes oreilles seraient donc sourdes a ce que dit ta bouche! 
(Vas-tu maintenant continuer a adorer les idoles!)


Terah se saisit d'Abraham et le livra a Nemrod. Nemrod dit a Abraham: Adore le feu.
-Autant adorer l'eau puisqu'elle eteint le feu!
-Et bien, adore l'eau! -Autant adorer les nuages puisqu'ils portent l'eau! -Et bien, adore les nuages! -Autant adorer le vent (Rouah) puisqu'il disperse les nuages! -Et bien adore le vent! -Autant adorer l'homme qui porte en lui le souffle (Rouah)!
-Tu me payes de mots! Moi, je me prosterne devant le feu, je vais t'y jeter et que ce D-ieu devant qui tu te prosternes vienne t'en delivrer!
Haran (le frere d'Abraham) etait partage: Si Abraham sort victorieux, meditait-il, je dirai: je suis pour Abraham. Si Nemrod sort victorieux je dirai: je suis pour Nemrod.
Une fois Abraham jete dans la fournaise ardente puis delivre, on demanda a Haran: Pour qui es-tu?
-Je suis pour Abraham! On se saisit alors de lui et on le precipita dans la fournaise. Ses entrailles furent consumees et en sortant il mourut devant son pere. 

C'est ce que le texte dit: "Haran mourut devant son pere Terah"

Deux mondes



Rabbi Yehouda ben Paazi sur l'oeuvre du commencement :
Pourquoi le monde fut-il cree avec la lettre "Beth"? 

Pour t'apprendre qu'il y a deux mondes:(la valeur numerique de la lettre "Beth" est deux) ce monde-ci et le monde a venir.

Autre interpretation. Pourquoi le "beth"? 

Parcequ'il est signe de benediction "Berakha". Pourquoi pas avec la lettre  "Aleph"? (premiere lettre de l'alphabet) Parce qu'il est signe de malediction "Arira".

Autre interpretation. pourquoi le "Beth"?

Parce qu'il a deux pointes, l'une en haut, l'autre en bas et en arriere .


De sorte qu'a la question "qui t'a cree?" il montre sa pointe du haut en disant: 
Celui qui est la-haut m'a cree.
(et a la question) "quel est son nom" il montre sa pointe de derriere en disant "Y-K-V-H" est son nom. 
(la pointe arriere est dirigee vers la lettre qui la precede dans l'alphabet, c'est a dire le "Aleph", qui par sa valeur numerique -l'unite- designe D-ieu.)

Bénir Dieu



Talmud de Babylone traité Bérakhoth page 35 b
Rabbi Hanina bar Papa enseigne : quiconque jouit de ce monde sans bénir Dieu vole le Saint, béni soit-Il, et l’assemblée d’Israël, comme il est dit (Pv 28) : « Il vole son père et sa mère puis il déclare : je n’ai point fauté » et il devient complice de l’homme destructeur.
« Son père » est le Saint, béni soit-Il, comme il est dit (Dt 32) : « Car Il est ton père, Celui qui t’a fait ». Quant à « sa mère » c’est l’assemblée d’Israël, comme il est dit (Pv 1) « Ecoute mon fils la leçon de ton père et n’abandonne pas la Torah de ta mère. » Que signifie « il devient complice de l’homme destructeur » ? Rabbi Hanina bar Papa répond : il devient le complice de Jéroboam fils de Nabat (successeur de Salomon) qui détruisit le lien entre Israël et son Père aux Cieux (en construisant deux veaux d’or).

Rachi
Il vole le Saint, béni soit-Il: Il vole Sa bénédiction [on ne reconnaissant pas que Dieu est source de bénédiction.]
Et l’assemblée d’Israël : car lorsque Israël faute, les fruits sont touchés [Dieu ne donne plus les pluies de bénédiction.]


Pour le Talmud, quiconque consomme un met sans bénir Dieu, c’est-à-dire sans Le reconnaître source de bénédiction, est un voleur.L’homme peut jouir du monde à cette seule condition.

Le martyr Rabbi Aquiba



Rabbi Aquiba, l’un des plus grands maîtres de son temps
Il  fut l’un des dix martyrs d’Israël, morts sous la torture romaine.
Le Talmud raconte les derniers mots du maître qui prouva son amour total de Dieu.


Talmud de Babylone traité Avoda Zara page 17 a
Le moment où l’on fit sortir Rabbi Aquiba pour l’exécuter était le moment de la récitation du Shéma (selon Dt VI, 4). Ils lacérèrent sa chair avec des peignes de fer et lui acceptait le joug des cieux (l’amour de Dieu un). Ses disciples lui dirent : « Jusque-là ? » Il leur répondit : « Toute ma vie je souffrais à cause du verset « tu aimeras l’Eternel ton Dieu de toute ton âme – c’est-à-dire même s’Il (Dieu) te reprend ton âme- et je me suis dit quand viendra cette mitsva afin que je l’accomplisse ? Et maintenant qu’elle se présente à moi et je ne l’accomplirai pas ? Il prolongea le mot EHAD (- Dieu – UN) jusqu’à ce que son âme sorte avec le mot EHAD. Une voix céleste proclama « Heureux sois-tu Rabbi Aquiba car ton âme est sorti sur EHAD. Les anges officiants dirent devant le Saint, béni soit-Il : « C’est cela la Torah et sa récompense (Psaumes XVII : délivre ô Eternel par Ta main, délivre-moi des hommes etc. ? Il leur répondit : « leur part est pour la vie » (suite du verset).
Une voix céleste sortit et déclara : « Heureux sois-tu Rabbi Aquiba car tu es prêt pour le monde à venir. »

Les dix epreuves d'Abraham



Traité Avot, chapitre 5, Mishna 3
Dix épreuves ont été données à Abraham notre père, de mémoire bénie, et il les a toutes surmontées. 
Ceci pour te montrer l’affection d’Abraham notre père (envers Le Créateur).

Commentaire de Maïmonide
Dix épreuves ont été données à Abraham notre père : et toutes sont écrites (dans la Torah).
La première, l’exil, comme il est marqué «Va pour toi, (hors) de ta terre…» (Genèse, 12; 1).
La seconde a été la famine en terre de Canaan, alors qu’il venait d’y arriver et que Dieu lui avait dit « (Tu iras en Canaan) et je ferai de toi une grande nation, je te bénirai et j’agrandirai ton nom» (Ib. 2) ensuite il est écrit «Et ce fut la famine dans le pays» (Ib. 10); ceci fut une grande épreuve (car c’était en total contradiction avec la promesse divine).
La troisième fut l’oppression d’Egypte, quand Sarah fut prise par Pharaon.
La quatrième, la guerre contre les quatre rois.
La cinquième épreuve a été celle de prendre Hagar pour femme, quand il fut désespéré de l’infertilité de Sarah.
La sixième, la circoncision, qui pour lui s’est faite dans sa vieillesse.
La septième, l’oppression de roi Garar quand Sarah fut de nouveau captive.
La huitième, le renvoi d’Hagar.
La neuvième, le renvoi de son fils Ismaël.
La dixième, la ligature d’Isaac.

Peine de mort




Traité Makkot (7a)
« Un Sanhédrin qui prononce une condamnation à mort en sept ans est appelé sanguinaire, selon d’autres opinions, une fois tout les soixante dix ans. 
Rabbi Tarphon et Rabbi Akivà ont enseigné : « Si nous avions siégés dans un Sanhédrin, il n’y aurait jamais eu de condamnation ».


La peine de mort a été abolie, De Facto, dans son application vers 30 e.v c’est-à-dire durant la période du début de la rédaction de la Mishnà et bien avant la rédaction du Talmud. 

Les sages tout en respectant le texte car il n’est pas possible de l’abolir, font en sorte de se rendre inaptes à émettre la sentence de mort. Cependant le principe de justice doit rester car sans justice une société est vouée à la destruction. En fait les maitres s’adressent, avant tout, à la conscience des hommes qui doivent tout faire pour se comporter sur la base de ce qui est écrit dans les Pirké Avoth (chap. I, Mishnà 18) :

« Rabban Shim’on ben Gamliel disait : « sur trois choses repose le monde : Sur la justice, sur la vérité et sur la paix » comme il est écrit (Zac. VIII, 16) : Vérité et justice de paix vous jugerez dans vos portes ».

Israel



Commentaire de Rashi

Au commencement : 
Rabbi Ytzkhak a dit (Tankhoumà Bereshit) : la Torah aurait dû commencer avec : 
Ce mois-ci est le premier des mois (Exode XII, 2), qui est la première mitzvà donnée à Israël. Pourquoi débuter avec Bereshit ? 
[Nous trouvons l’explication dans] psaume CXI, 6 qui dit : Il a fait connaître à son peuple la puissance de Ses œuvres, afin de lui donner l’héritage des nations »…

Si les peuples 
accusent Israël en disant vous êtes des voleurs car vous avez conquis la terre des 7 peuples 
(de Canaan), ils répondront : la terre appartient à Dieu, c’est Lui qui l’a créé et Il l’a donnée à 
qui est droit à Ses yeux. Par sa volonté Il l’a donnée à eux, et par Sa volonté Il l’a reprise et 
nous l’a donnée.


Si nous considérons la Torah essentiellement comme le livre de la Loi, il est normal de s’attendre à ce que celle-ci commence avec le premier commandement donné aux juifs en tant que peuple. Or  ce n’est pas le cas. 
En fait si la Torah commence avec Bereshit, c’est pour anticiper l’objection des peuples non juifs.

  1. La premiere est que les peuples pourraient dire que ce livre ne leur est pas destiné! Il s’agit d’un livre qui est axé sur l’histoire du peuple juif et donc qui ne concerne que ces derniers. Pour cette raison aussi le livre commence avec Bereshit afin de bien faire comprendre que tous les hommes sont créés par D. et que tous sont concernés par les enseignements de la Torah.
  2. La seconde objection sera celle de l’appropriation de la terre d’Israël et le livre de Bereshit est là pour rappeler que la terre appartient à son créateur et que c’est lui qui attribue cette terre.

Lettre ב



Le midrash Béreshit Rabah (I, 1) nous dit :

« Rabbi Yonah dit au nom de Rabbi Lévy: 
Pourquoi le monde fut-il créé avec la lettre ב (beth)? 
Réponse: De même que le « beth » est fermé de chaque coté et ne s’ouvre que vers l’avant, tu n’es pas autorisé à demander: Qu’y a-t-il au-dessous, au-dessus, avant et après lui? 
Tu t’interrogeras uniquement sur ce qui est postérieur au jour de la création du monde.

Commentaire de Bar Kapparà: 
« Sonde les premiers jours qui t’ont précédé, à partir du jour où D. les a créés » (Deut. IV, 32). 
Tu peux sonder ce qui est « à partir du jour » où ils furent créés, mais non ce qui est antérieur à ce jour. « Ce qui est depuis les débuts des cieux jusqu’à leur fin » (Deut. IV, 32). 
Interroge et scrute, mais n’interroge ni ne scrute ce qui leur est antérieur. »