Lourd de bouche



Un célèbre midrash raconte qu'un jour Moïse jouant sur les genoux du  Pharaon, lui  dérobe sa couronne. 
Les mages égyptiens, imaginant un bien mauvais présage, insistèrent pour que l'on se débarrasse de l'enfant, qui menacerait un jour la royauté. 
Jéthro, prêtre de Madian, modérant l'assemblée, suggèra alors une mise à l'épreuve pour déterminer si Moise avait commis une erreur de jugement. 
Il fit porter deux plateaux : l'un de braises rougeoyantes et l'autre de rubis, si l'enfant faisait preuve de finesse d'esprit en choisissant les rubis alors il était dangereux et donc prudent de le tuer, dans le cas contraire, sa vie serait épargnée. Moïse, avisé malgré son jeune âge, choisit les rubis mais l’ange Gabriel, messager de Dieu, s'empressa de protéger le jeune garçon...en échangeant le rubis contre une braise que l'enfant engloutit. 
Moïse eût donc la vie sauve mais en bégaya toute sa vie. 



Parmi les arguments invoqués par Moïse pour se soustraire à la mission que veut lui conférer Hachem , il a prétendu être « lourd de bouche et lourd de langue » (Chemoth 4, 10).

Cet argument a été compris de diverses manières par nos commentateurs.

Selon Rachi , cela veut dire qu’il parlait avec lourdeur ; en français : « balbutier ».

Pour Rachbam , Moïse a invoqué sa longue absence d’Egypte, dont il aurait oublié le langage.

Moïse était incapable, explique Ibn Ezra , de prononcer certaines combinaisons de lettres.

Quant à Rabbeinou Be‘hayé , il justifie, au nom de Rabbeinou ‘Hananèl , la dualité de l’expression « lourd de bouche » et « lourd de langue » :
La lourdeur de la bouche de Moïse signifie qu’il était incapable de prononcer les lettres dentales זשרס"ץ, et sa lourdeur de langue traduit son incapacité de prononcer les lettres linguales דטלנ"ת.

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